Activité de l’OMS dans la Région de la Méditerranée orientale. Rapport annuel du Directeur régional - 1er janvier - 31 décembre 2010 - Introduction

Introduction

L’année 2010 a été marquée par une consolidation des acquis. D'importantes activités ont été entreprises dans des domaines clés qui auront un impact sur le long terme.

La vaccination infantile constitue l’un de ces domaines clés. L’année 2010 a vu le lancement de la première semaine annuelle de la vaccination qui a eu lieu au mois d’avril et à laquelle tous les pays ont pris part. L’engagement et l’enthousiasme manifestés pour diffuser le message de la manifestation, à savoir que la vaccination reste l’un des outils les plus rentables en santé publique ont été encourageants. La sensibilisation obtenue grâce à cette campagne annuelle permettra sans aucun doute de renforcer les programmes de vaccination et aura un impact à long terme sur la survie des enfants et sur leur santé dans la Région.

Un certain nombre de maladies, dont la poliomyélite, ont connu des avancées et des revers dans le même temps. Le Soudan a rejoint les 19 pays qui sont exempts de poliomyélite, maladie qui ne subsiste qu’en Afghanistan et au Pakistan. En Afghanistan, la propagation du poliovirus s’est limitée à une zone localisée dans le sud. Toutefois, malgré les efforts significatifs déployés par le gouvernement, avec le soutien de l’OMS et ses partenaires, il n’a toujours pas été possible de garantir un accès durable aux enfants du sud pour les campagnes de vaccination. Au Pakistan, des difficultés d’accès similaires continuent d’entraver les efforts de lutte dans les zones frontalières avec l’Afghanistan. Les problèmes liés à la performance gestionnaire et programmatique dans d’autres parties du Pakistan, dont je vous parlai l’année dernière, sont pris en compte actuellement par le gouvernement. Le Président du Pakistan a déclaré une situation d’urgence mais le plan d’action qui a été adopté par la suite doit encore être appliqué de manière durable et satisfaisante au niveau périphérique pour garantir le succès complet. La situation en Somalie est très préoccupante du fait de l’absence continue d’accès à une grande partie du pays ces deux dernières années. La forte population de migrants dans la Corne de l’Afrique, qui est mobile et mal desservie par les services de santé et qui continue à introduire le virus à partir des pays voisins infectés, constitue un risque continu auquel la Région est confrontée. Le programme régional a introduit plusieurs outils et approches pour garantir la qualité, notamment le recours à la surveillance environnementale, la surveillance indépendante et l’assurance qualité des lots. L'éradication de la poliomyélite restera un dossier en suspens dans la Région jusqu'à ce que le tout dernier cas soit déclaré. Nous devons tous rester vigilants et engagés à cet égard.

La rougeole a aussi connu des hauts et des bas. La mortalité rougeoleuse dans la Région a chuté de 93 % depuis 2000 mais des défis restent à surmonter avant de pouvoir revendiquer l’élimination de la maladie. Du fait de ces défis, la cible d’élimination fixée pour 2010 a dû être révisée. Elle est maintenant reportée à 2015. La couverture par la vaccination systématique demeure en deçà du chiffre clé de 95 % dans plusieurs pays et des flambées épidémiques se sont produites en Afghanistan et au Pakistan.

Les maladies évitables par la vaccination sont responsables de plus de 20 % de la mortalité des moins de 5 ans. L'intensification des vaccinations de la petite enfance est donc une stratégie clé pour réaliser le quatrième objectif du Millénaire pour le développement puisque le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans a chuté de 30 % au niveau régional depuis 1990. Trois pays - l'Égypte, le Liban et Oman – ont déjà dépassé la cible et six autres sont en passe d’y parvenir. La Région a toujours le deuxième taux de mortalité maternelle le plus élevé de toutes les régions de l'OMS, avec 360 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, ce qui correspond seulement à une réduction d’environ 30 % depuis 1990. Sur la base des taux actuels, la Région dans son ensemble devrait rester bien en deçà des cibles fixées pour les objectifs 4 et 5 concernant la réduction de la mortalité des moins de cinq ans et de la mortalité maternelle respectivement. Les efforts pour atteindre ces cibles sont remis en cause par de nombreux facteurs dont l’insuffisance de l'engagement politique et le manque de couverture universelle pour les services de soins de santé primaires de qualité. Les systèmes d’information géographique constituent un autre défi majeur, non seulement car l’insuffisance des informations rend difficile d’évaluer les progrès réalisés vers des objectifs de santé tels que les objectifs du Millénaire pour le développement, mais aussi car ils rendent difficile de prendre des décisions qui soient basées sur des données factuelles comme il se doit.

Deux pays dans la Région ont maintenant été certifiés exempts de paludisme ; il s’agit des Émirats arabes unis, et en 2010, du Maroc. Deux autres pays œuvrent pour obtenir la certification. La péninsule arabique devrait être libérée du paludisme prochainement. Toutefois, les problèmes qui s’opposent à l’élimination dans la Région dans son ensemble demeurent considérables. Les plus importants parmi ces problèmes sont le manque de sécurité, les mouvements de population et la faiblesse de la surveillance et des systèmes diagnostiques dans les pays d'endémicité palustre, et la propagation de la résistance aux insecticides et au principal antipaludéen, l'artémisinine.

Des flambées de dengue sont survenues dans plusieurs pays, notamment dans les zones bordant les côtes de la mer Rouge et de la mer d’Arabie, ainsi qu'au Pakistan. Il s’agit d’une maladie réémergente dans la Région qui s’est maintenant établie et que l’on doit prendre en compte. Les pays concernés ont montré une grande volonté de notifier ces flambées et de prendre des mesures. Il faut saluer cette transparence qui permettra une plus grande coordination, une meilleure collaboration et des partenariats plus efficaces. Les moyens de prévention et de lutte contre la dengue et ses séquelles, la dengue hémorragique, sont bien connus mais il ne s’agit pas d’une maladie pour laquelle les autorités sanitaires peuvent déployer seules les moyens de lutte. D’autres secteurs, les municipalités et les communautés doivent être impliqués, sous la houlette du ministère de la Santé.

Au fil des ans, j’ai mis en évidence l’importance croissante des maladies non transmissibles chroniques dans la Région. Ces maladies représentent la plus grande part de la charge de morbidité dans la Région - plus de 60 % - ce qui a un impact majeur sur la qualité de vie, mais ont aussi des conséquences à long terme sur le financement national de la santé, le développement socio-économique et les revenus familiaux. Il est avéré qu’elles peuvent être prévenues pour une large part, et si elles sont dépistées rapidement, elles peuvent être bien maîtrisées chez chaque patient. Il existe d’importantes preuves montrant la disponibilité d'interventions rentables et efficaces pour réduire la charge de la maladie et ces interventions peuvent maintenant constituer les meilleures pratiques dans le monde. Il est insensé de ne pas mettre en place des programmes de prévention efficaces pour accroître la sensibilisation du public, en insistant sur les modes de vie sains, le sevrage tabagique, l'activité physique, l'alimentation équilibrée et les bilans de santé programmés régulièrement. Si les pays vont vers une amélioration de l’accès au dépistage, à la prévention et au traitement appropriés dans le cadre d’un système de soins de santé primaires, ceci demeure un défi et doit recevoir une plus grande priorité. La stratégie mondiale et le plan d’action régional fournissent une orientation claire aux pays dans ce domaine.

La salubrité de l’environnement dans la Région est un domaine où les bonnes nouvelles sont rares. La négligence environnementale participe pour environ 24 % de la charge de morbidité dans la Région, prenant en compte la pollution, la mauvaise gestion des déchets, la pénurie d’eau et la dégradation de sa qualité, et le surpeuplement. Il faut s’attendre à ce que cette charge augmente si les implications du changement climatique sur la santé ne sont pas prises en considération dans la planification sanitaire. L’environnement n’occupe pas le haut de la liste des priorités nationales dans la Région et le résultat est visible chaque jour autour de nous, où que nous nous trouvions. L’impact sur la santé et le développement humains, ainsi que sur le développement national, n'est pas pris en compte correctement. Près d’un tiers des pays de la Région ne peuvent toujours pas fournir un approvisionnement durable en eau potable et en moyens d'assainissement à plus de 90 % de la population. La mauvaise élimination des déchets ménagers, industriels et des activités de soins constitue une menace pour tous, et en particulier pour les pauvres et les populations marginalisées, les très jeunes et les personnes âgées. Ceci devrait constituer un motif de préoccupation très important pour les gouvernements.

La publication du « Rapport sur la santé dans le monde 2010. Financement des systèmes de santé : le chemin vers la couverture universelle » et l’approbation d’une résolution sur le financement des soins de santé par la cinquante-septième session du Comité régional ont constitué deux événements importants. Malgré la crise financière mondiale, les pays ont tenu compte du besoin de prolonger le soutien pour la santé et l’éducation. Les orientations stratégiques approuvées par le Comité régional fournissent une direction claire sur la voie à suivre. Les responsables de l’élaboration des politiques doivent maintenant prendre des mesures pour réduire la part des paiements directs pour les dépenses de santé, et dans le même temps, améliorer l'efficacité dans la prestation des systèmes de santé.

De nouveaux locaux de l’OMS ont été officiellement inaugurés à Tunisie, hébergeant le bureau du Représentant de l’OMS et le Centre méditerranéen pour la réduction des risques sanitaires. Je remercie la Tunisie pour le soutien apporté tout au long du projet. Les travaux progressent pour la construction du premier bâtiment vraiment « écologique » dans notre Région, qui servira de nouveau bureau au Centre pour les activités d’hygiène de l’environnement ainsi qu’au Représentant de l'OMS en Jordanie. De manière plus importante, j’espère que ceci constituera un modèle pour la Région pour la conception d'un bâtiment écologique, qui compte tenu de l'impact du changement climatique commençant réellement à se faire sentir, tienne compte de l'environnement local, du besoin croissant de préserver l'énergie et l'eau et le besoin de réduire notre « empreinte carbone ». Je remercie le gouvernement jordanien pour son soutien à ce projet, y compris le don du terrain. Je tiens également à remercier le gouvernement omanais qui a fourni de nouveaux locaux au bureau du Représentant de l’OMS en 2010. Le soutien apporté aux États Membres pour l’activité de l’OMS dans la Région bénéficie aux pays individuellement et à la Région dans son ensemble.

Alors que nous envisageons l’avenir de la Région, nous constatons un grand nombre de changements dans le paysage politique, économique, et social. C’est une période d’espoir importante mais aussi d’inquiétude. Tant que les droits universels de la personne, dont les droits à la santé et l’éducation pour tous, demeurent le principal objectif et tant que nos valeurs humaines de dignité, de compassion, de tolérance et de respect mutuel sont honorées, l'horizon ne peut être que dégagé.

Introduction

L’année 2010 a été marquée par une consolidation des acquis. D'importantes activités ont été entreprises dans des domaines clés qui auront un impact sur le long terme.

La vaccination infantile constitue l’un de ces domaines clés. L’année 2010 a vu le lancement de la première semaine annuelle de la vaccination qui a eu lieu au mois d’avril et à laquelle tous les pays ont pris part. L’engagement et l’enthousiasme manifestés pour diffuser le message de la manifestation, à savoir que la vaccination reste l’un des outils les plus rentables en santé publique ont été encourageants. La sensibilisation obtenue grâce à cette campagne annuelle permettra sans aucun doute de renforcer les programmes de vaccination et aura un impact à long terme sur la survie des enfants et sur leur santé dans la Région.

Un certain nombre de maladies, dont la poliomyélite, ont connu des avancées et des revers dans le même temps. Le Soudan a rejoint les 19 pays qui sont exempts de poliomyélite, maladie qui ne subsiste qu’en Afghanistan et au Pakistan. En Afghanistan, la propagation du poliovirus s’est limitée à une zone localisée dans le sud. Toutefois, malgré les efforts significatifs déployés par le gouvernement, avec le soutien de l’OMS et ses partenaires, il n’a toujours pas été possible de garantir un accès durable aux enfants du sud pour les campagnes de vaccination. Au Pakistan, des difficultés d’accès similaires continuent d’entraver les efforts de lutte dans les zones frontalières avec l’Afghanistan. Les problèmes liés à la performance gestionnaire et programmatique dans d’autres parties du Pakistan, dont je vous parlai l’année dernière, sont pris en compte actuellement par le gouvernement. Le Président du Pakistan a déclaré une situation d’urgence mais le plan d’action qui a été adopté par la suite doit encore être appliqué de manière durable et satisfaisante au niveau périphérique pour garantir le succès complet. La situation en Somalie est très préoccupante du fait de l’absence continue d’accès à une grande partie du pays ces deux dernières années. La forte population de migrants dans la Corne de l’Afrique, qui est mobile et mal desservie par les services de santé et qui continue à introduire le virus à partir des pays voisins infectés, constitue un risque continu auquel la Région est confrontée. Le programme régional a introduit plusieurs outils et approches pour garantir la qualité, notamment le recours à la surveillance environnementale, la surveillance indépendante et l’assurance qualité des lots. L'éradication de la poliomyélite restera un dossier en suspens dans la Région jusqu'à ce que le tout dernier cas soit déclaré. Nous devons tous rester vigilants et engagés à cet égard.

La rougeole a aussi connu des hauts et des bas. La mortalité rougeoleuse dans la Région a chuté de 93 % depuis 2000 mais des défis restent à surmonter avant de pouvoir revendiquer l’élimination de la maladie. Du fait de ces défis, la cible d’élimination fixée pour 2010 a dû être révisée. Elle est maintenant reportée à 2015. La couverture par la vaccination systématique demeure en deçà du chiffre clé de 95 % dans plusieurs pays et des flambées épidémiques se sont produites en Afghanistan et au Pakistan.

Les maladies évitables par la vaccination sont responsables de plus de 20 % de la mortalité des moins de 5 ans. L'intensification des vaccinations de la petite enfance est donc une stratégie clé pour réaliser le quatrième objectif du Millénaire pour le développement puisque le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans a chuté de 30 % au niveau régional depuis 1990. Trois pays - l'Égypte, le Liban et Oman – ont déjà dépassé la cible et six autres sont en passe d’y parvenir. La Région a toujours le deuxième taux de mortalité maternelle le plus élevé de toutes les régions de l'OMS, avec 360 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, ce qui correspond seulement à une réduction d’environ 30 % depuis 1990. Sur la base des taux actuels, la Région dans son ensemble devrait rester bien en deçà des cibles fixées pour les objectifs 4 et 5 concernant la réduction de la mortalité des moins de cinq ans et de la mortalité maternelle respectivement. Les efforts pour atteindre ces cibles sont remis en cause par de nombreux facteurs dont l’insuffisance de l'engagement politique et le manque de couverture universelle pour les services de soins de santé primaires de qualité. Les systèmes d’information géographique constituent un autre défi majeur, non seulement car l’insuffisance des informations rend difficile d’évaluer les progrès réalisés vers des objectifs de santé tels que les objectifs du Millénaire pour le développement, mais aussi car ils rendent difficile de prendre des décisions qui soient basées sur des données factuelles comme il se doit.

Deux pays dans la Région ont maintenant été certifiés exempts de paludisme ; il s’agit des Émirats arabes unis, et en 2010, du Maroc. Deux autres pays œuvrent pour obtenir la certification. La péninsule arabique devrait être libérée du paludisme prochainement. Toutefois, les problèmes qui s’opposent à l’élimination dans la Région dans son ensemble demeurent considérables. Les plus importants parmi ces problèmes sont le manque de sécurité, les mouvements de population et la faiblesse de la surveillance et des systèmes diagnostiques dans les pays d'endémicité palustre, et la propagation de la résistance aux insecticides et au principal antipaludéen, l'artémisinine.

Des flambées de dengue sont survenues dans plusieurs pays, notamment dans les zones bordant les côtes de la mer Rouge et de la mer d’Arabie, ainsi qu'au Pakistan. Il s’agit d’une maladie réémergente dans la Région qui s’est maintenant établie et que l’on doit prendre en compte. Les pays concernés ont montré une grande volonté de notifier ces flambées et de prendre des mesures. Il faut saluer cette transparence qui permettra une plus grande coordination, une meilleure collaboration et des partenariats plus efficaces. Les moyens de prévention et de lutte contre la dengue et ses séquelles, la dengue hémorragique, sont bien connus mais il ne s’agit pas d’une maladie pour laquelle les autorités sanitaires peuvent déployer seules les moyens de lutte. D’autres secteurs, les municipalités et les communautés doivent être impliqués, sous la houlette du ministère de la Santé.

Au fil des ans, j’ai mis en évidence l’importance croissante des maladies non transmissibles chroniques dans la Région. Ces maladies représentent la plus grande part de la charge de morbidité dans la Région - plus de 60 % - ce qui a un impact majeur sur la qualité de vie, mais ont aussi des conséquences à long terme sur le financement national de la santé, le développement socio-économique et les revenus familiaux. Il est avéré qu’elles peuvent être prévenues pour une large part, et si elles sont dépistées rapidement, elles peuvent être bien maîtrisées chez chaque patient. Il existe d’importantes preuves montrant la disponibilité d'interventions rentables et efficaces pour réduire la charge de la maladie et ces interventions peuvent maintenant constituer les meilleures pratiques dans le monde. Il est insensé de ne pas mettre en place des programmes de prévention efficaces pour accroître la sensibilisation du public, en insistant sur les modes de vie sains, le sevrage tabagique, l'activité physique, l'alimentation équilibrée et les bilans de santé programmés régulièrement. Si les pays vont vers une amélioration de l’accès au dépistage, à la prévention et au traitement appropriés dans le cadre d’un système de soins de santé primaires, ceci demeure un défi et doit recevoir une plus grande priorité. La stratégie mondiale et le plan d’action régional fournissent une orientation claire aux pays dans ce domaine.

La salubrité de l’environnement dans la Région est un domaine où les bonnes nouvelles sont rares. La négligence environnementale participe pour environ 24 % de la charge de morbidité dans la Région, prenant en compte la pollution, la mauvaise gestion des déchets, la pénurie d’eau et la dégradation de sa qualité, et le surpeuplement. Il faut s’attendre à ce que cette charge augmente si les implications du changement climatique sur la santé ne sont pas prises en considération dans la planification sanitaire. L’environnement n’occupe pas le haut de la liste des priorités nationales dans la Région et le résultat est visible chaque jour autour de nous, où que nous nous trouvions. L’impact sur la santé et le développement humains, ainsi que sur le développement national, n'est pas pris en compte correctement. Près d’un tiers des pays de la Région ne peuvent toujours pas fournir un approvisionnement durable en eau potable et en moyens d'assainissement à plus de 90 % de la population. La mauvaise élimination des déchets ménagers, industriels et des activités de soins constitue une menace pour tous, et en particulier pour les pauvres et les populations marginalisées, les très jeunes et les personnes âgées. Ceci devrait constituer un motif de préoccupation très important pour les gouvernements.

La publication du « Rapport sur la santé dans le monde 2010. Financement des systèmes de santé : le chemin vers la couverture universelle » et l’approbation d’une résolution sur le financement des soins de santé par la cinquante-septième session du Comité régional ont constitué deux événements importants. Malgré la crise financière mondiale, les pays ont tenu compte du besoin de prolonger le soutien pour la santé et l’éducation. Les orientations stratégiques approuvées par le Comité régional fournissent une direction claire sur la voie à suivre. Les responsables de l’élaboration des politiques doivent maintenant prendre des mesures pour réduire la part des paiements directs pour les dépenses de santé, et dans le même temps, améliorer l'efficacité dans la prestation des systèmes de santé.

De nouveaux locaux de l’OMS ont été officiellement inaugurés à Tunisie, hébergeant le bureau du Représentant de l’OMS et le Centre méditerranéen pour la réduction des risques sanitaires. Je remercie la Tunisie pour le soutien apporté tout au long du projet. Les travaux progressent pour la construction du premier bâtiment vraiment « écologique » dans notre Région, qui servira de nouveau bureau au Centre pour les activités d’hygiène de l’environnement ainsi qu’au Représentant de l'OMS en Jordanie. De manière plus importante, j’espère que ceci constituera un modèle pour la Région pour la conception d'un bâtiment écologique, qui compte tenu de l'impact du changement climatique commençant réellement à se faire sentir, tienne compte de l'environnement local, du besoin croissant de préserver l'énergie et l'eau et le besoin de réduire notre « empreinte carbone ». Je remercie le gouvernement jordanien pour son soutien à ce projet, y compris le don du terrain. Je tiens également à remercier le gouvernement omanais qui a fourni de nouveaux locaux au bureau du Représentant de l’OMS en 2010. Le soutien apporté aux États Membres pour l’activité de l’OMS dans la Région bénéficie aux pays individuellement et à la Région dans son ensemble.

Alors que nous envisageons l’avenir de la Région, nous constatons un grand nombre de changements dans le paysage politique, économique, et social. C’est une période d’espoir importante mais aussi d’inquiétude. Tant que les droits universels de la personne, dont les droits à la santé et l’éducation pour tous, demeurent le principal objectif et tant que nos valeurs humaines de dignité, de compassion, de tolérance et de respect mutuel sont honorées, l'horizon ne peut être que dégagé.